Informations Générales
Igreja de Santa Maria de Veade  
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  • Nom: Église Sainte-Marie de Veade
  • Typologie: Église
  • Classement: Classement en cours
  • Commune: Celorico de Basto
  • Jour de la Fête du Saint Patron: Sainte-Marie - 15 août 
  • Horaire de la Messe: Dimanche - 08h00  
  • Horaire de Visite: Réservation obligatoire   
  • Services de Soutien:
  • Téléphone: 255 810 706 / 918 116 488   
  • Télécopie: 255 810 709   
  • Courrier Électronique: rotadoromanico@valsousa.pt   
  • Site Web: www.rotadoromanico.com   
  • Localisation:
    Lugar da Igreja, Veade, Celorico de Basto, Braga.
  • Coordonnées Géographiques: 41° 24' 52.80" N / 7° 58' 41.73" O 
Histoire
Histoire
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Église de Veade (Photo : © SIPA – IHRU)L'Église Sainte-Marie de Veade conserve une partie importante de l'architecture romane qui nous renvoie immédiatement à l'existence d'un bâtiment d'un grand apparat pendant ce temps. Toutefois, et en dépit de son caractère régional, ces éléments constituent l'une des meilleures œuvres de nos artisans romans.

L'origine de cette Église était un petit ermitage, fondé sur une propriété privée, qui, au XIIIe siècle, était liée au lignage des Guedeões. L'inscription, gravée sur une pierre de taille de granit, en est le témoignage. Cette pierre fut encastrée sur le mur latéral nord de la nef de l'Église, près du portail, à gauche : SUB : Era : Mª : Cª2 : X’ª : VIIª / OBIIT : FAMULA : DEI / MIONA : DOLDIA : GOMEZ

Il s'agit de l'inscription funéraire de Dórdia Gomes qui, en étant ici appelée Miona, serait une personne avec une position sociale élevée. Les désignations Miona, Miana ou Meana, dérivent de l'expression mea domina ou mea domna  qui n'étaient utilisées que dans un groupe restreint de femmes nobles du XIIe ou XIIIe siècle.

À leur haut rang social s'associait la pitié car, très souvent, elles étaient à l'origine de la création de maisons monastiques. Dórdia, décédée en 1159, était possiblement liée à l'origine de l'institution monastique qui est désignée par les "Inquirições" [enquêtes administratives] de 1220 comme monasterium de Bialdi, bien que l'Église de Veade soit déjà un temple paroissial à cette époque.

Malgré les incertitudes au sujet de cette figure féminine, qui est enterrée à Veade, il existe une référence ultérieure qui lui est absolument associée. Les "Inquirições" [enquêtes administratives] de 1258 mentionnent le nom Dórdia Peres de Aguiar, plutôt connue comme la mère du maître de Saint-Jacques, Peres Paio Correia.

Cette dame de la noblesse régionale était l'arrière- petite-fille du premier élément du lignage des Guedeões ou Guedaz, dont les domaines s'étendaient entre la région du Douro, Minho et Trás-os-Montes. Le chanoine Gomes Alvites, qui appartenait à la famille de Dórdia, vendit, avant 1258, d'une manière inattendue, l'Église et toutes les fermes à l'Ordre de l'Hôpital.

En connaissant le système des églises privées, qui perpétuaient des droits et des biens aux descendants d'un certain fondateur, il est étrange de voir un seul individu prendre le contrôle d'un vaste patrimoine qui devrait appartenir à plusieurs.

L'Église, qui fut d'abord un petit temple, définie comme monasterium de Biadi par les "Inquirições" [enquêtes administratives] du roi Afonso, serait un ermitage avec des servitudes pour les ermites, d'une typologie commune aux premières cénobies de famille, qui étaient occupés soit par des membres de la famille, soit confiés à la gestion d'étrangers qui se dévouaient à la vie dans la solitude ou en petits groupes.

L'ermitage fut sans doute soumis à des travaux d'agrandissement, pour le rendre plus noble, et ceci peut-être en raison de l'intervention des Guedeões, notamment par la main de Gomes Alvites qui était lié au clergé de Braga. D'ailleurs, la structure actuelle en garde encore des parties importantes.

Cependant, l'investissement le plus remarquable dans l'espace ecclésial serait, plus tard, de la responsabilité des commandeurs de Moura Morta, qui recevaient les rendements de l'Église et présentaient le prieur ou vicaire de l'église paroissiale et, plus tard, le curé de la filiale, annexée ou suffragante.

Comme l'explique l'auteur du mémoire de 1758, "la fabrique de l'église paroissiale et de l'église annexe et des églises est à la charge et aux dépens des patrons". Ceux-ci, représentés par le commandeur, ne se sont pas abstenus d'y laisser leur marque et symboles d'autorité et de prestige. En raison, probablement, de la nécessité de rationaliser la gestion du patrimoine commendataire, dispersé et vaste, Veade rejoint la commanderie de Moura Morta.

La paroisse qui appartient aujourd'hui à la ville de Peso da Régua, a été le siège de l'une des commanderies de l'Ordre de Malte, qui, au XVIIe siècle, rapportait 113$352 réis (ancienne monnaie portugaise), remis à l'époque à Luís Coutinho [évêque de Viseu et plus tard archevêque de Lisbonne].

Parmi les commandeurs de Veade, nous soulignons le nom de Diogo de Melo Pereira (déc. 1666), qui a fait construire les maisons de la commanderie en 1641, comme en témoigne l'inscription sous les armoiries : ESTAS CAZAS MAN/ DOU FAZ[ER] O COM[ENDAD]º[R] / DIOGO DE MELLO P[ERE]Y[R]A / DE BERTIANDOS. / NO. ANNO DE / 1641 [Ces maisons ont été construites sous les ordres du commandeur Diogo de Mello Pereyra de Bertiandos. Année 1641].

Après ce commandeur, le moine Martim Álvaro Pinto fut le bailli qui mena à bien la réforme de la petite Église médiévale, suivant le goût des temps modernes, ce qui reflète bien l'origine et le statut de son mentor.

L'inscription sur le portique de l'Église de Veade, réalisée sous les ordres du commandeur Martim Álvaro, nous indique un peu plus sur son origine : ESTA IGR.A MANDOV REEDIFICAR DE NO / VO. O COMENDADOR FR MATIM [SIC] ALVARO PINTO / DAFONS.A E SOUZA DA CAZA DE CALVILHE / ANO 1732 [Cette église fut reconstruite sous les ordres du moine Martim [sic] Álvaro Pinto Dafonso e Souza de la famille de Calvilhe. Année 1732].

C'est donc autour de cette famille et de l'institution de l'Ordre de Malte que nous devons comprendre les importantes réformes engagées dans l'Église de Veade au XVIIIe siècle et qui contredisent, en quelque sorte, ou qui minimisent l'idée que les commandeurs se gavaient des revenus qui leurs étaient impartis, sans aucune contrepartie.

L'investissement dans de nouvelles constructions ou reconstructions, bien que coûteux, permettait à leurs mentors de laisser une marque de prestige et de pouvoir, encourageant, très souvent, l'afflux de fidèles, de pèlerins ou d'offrants à un nouvel espace ou à un espace rénové.

Légendes et Curiosités
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Légende de Moura Morta [Maure Morte]
Autrefois, il habitait dans le castro (fortification résidentielle pré-romaine) de Cidadelhe un émir (noble arabe) qui avait à son service une servante maure. Un jour, avec l'intention d'obtenir des faveurs de chrétiens qui étaient déjà très puissants dans les alentours, l'émir appela la servante et lui exigea d'accepter d'être baptisée et, ainsi, de se convertir au christianisme.

Cependant, elle refusa. Comme punition, l'émir l'enferma en prison, croyant que, par la force, elle céderait à ses intentions.

Il s'avère que la jeune fille réussit à s'échapper et descendit en courant la pente vers la rivière Sermanha. L'émir, dès qu'il s'en aperçu, se lança à sa poursuite. Et quand la fugitive atteignit l'autre rive, déjà dans la municipalité de Peso da Régua, l'émir l'abandonna car elle était déjà dans les terres chrétiennes. 

Entre-temps, prise aux mains des chrétiens, elle n'avait que deux issues : revenir en arrière et se livrer à son maître qui la poursuivait ou bien rester en terres chrétiennes et se convertir à cette religion.

Selon la légende, la maure n'accepta aucune des options, décidant ainsi sa propre mort, et fut tuée par les lances des chrétiens. Et aux terres où son corps fut abandonné sans vie, les gens commencèrent à appeler Moura Morta [la maure morte].

Chronologie
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1159 - La noble Dordia Gomes est enterrée à Veade.

XIIIe siècle - L'Église privée de Veade était liée au lignage des Guedeões.

1ère moitié du XIIIe siècle - Construction de la structure romane de Veade, dont quelques parties importantes y demeurent encore.

1220 - Les "Inquirições" [enquêtes administratives] du roi Afonso II mentionnent le monasterium de Bialdi, bien que l'Église de Veade soit déjà un temple paroissial à cette époque.

Avant 1258 - Le chanoine de Braga, Gomes Alvites, vend l'Église de Veade et toutes les fermes à l'Ordre de l'Hôpital.

1641 - Diogo de Melo Pereira (déc. 1666) fait construire les maisons de la commanderie.

1732 - Selon l'inscription gravée sur le linteau du portail principal, l'Église de Veade fut reconstruite par le commandeur et moine Álvaro Pinto, de la famille de Calvilhe (Lamego).

2e moitié du XVIIIe siècle - Agencement intérieur de l'Église : mobilier liturgique, sculptures en bois et imagerie.

1967 - Travaux de restauration de l'Église de Veade.

1980-1990 - Restauration du retable principal.

XXe-XXIe siècle - Travaux d'aménagement autour de l'église, de la responsabilité de la mairie de Celorico de Basto.

2010 - L'Église de Veade intègre la Route du Roman.

Travaux Spéciaux
Architecture
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À partir des traces existantes, nous pouvons situer la construction de l'Église romane dans la première moitié du XIIIe siècle. De cette époque datent les portails latéraux, bien que modifiés pendant la reconstruction de l'Église en 1732, par le commandeur et moine Álvaro Pinto, de la famille de Calvilhe (Lamego), comme en témoigne l'inscription qui surmonte le portail principal, de style baroque.

Il est important de prendre en compte que cette reconstruction obligea à une réorientation de l'Église, en lui ajoutant un nouveau chevet, cette fois-ci à l'ouest, avec des dimensions plus grandes que celles qui seraient possibles dans la zone du sanctuaire roman primitif.

Elle est donc construite à l'envers par rapport à la règle de l'architecture romane : l'actuelle façade de Veade est tournée à l'est, directement vers les maisons de la commanderie, construites en 1641 par Diogo de Melo Pereira, de l'Ordre de Malte. On a donc créé ici, selon le style baroque et une échelle régionale, un espace public monumentalisé.

Plan de l'Église de VeadeLa façade principale, à caractère baroque, bien que contenu, contraste avec l'expression des élévations latérales de la nef où sont encore présentes d'importantes parties romanes et où se déchirent, des deux côtés, les portails latéraux.

D'après la description que nous avons de l'Église médiévale, datant du premier quart du XVIIIe siècle, la structure romane était de haute qualité, d'où ressortent l'arc triomphal et le portail principal, ainsi que les portails latéraux.

Les différentes pièces dépareillées qui sont conservées dans les espaces annexes à l'Église et dans le Musée Archéologique (espace attenant à la bibliothèque municipale de Celorico de Basto) semblent appartenir à l'arc triomphal et au portail principal.

Les deux portails qui se trouvent à leur endroit d'origine sont abondamment décorés, montrant un thème décoratif qui coïncide avec ces pierres dépareillées. Outre les archivoltes ornées des deux côtés (avec divers motifs décoratifs comme des perles, des thèmes végétaux et phytomorphes), et identiques à celles du portail nord, il existe des parties de frises échiquetées et des chapiteaux où il est possible d'identifier le thème commun aux bassins de Tâmega et Douro, avec une claire influence de Braga, interprété comme faisant allusion à la scène de "Daniel dans la fosse aux lions".

La position actuelle du portail, maintenant orienté au nord, est assez curieuse. Il est presque au milieu de la façade et dépourvu de sa fonction première, en raison de l'abaissement de la chaussée lors de l'ouverture de la route qui lui est contiguë.

Le portail sud est mieux conservé et on y distingue une paire de sirènes à double queue qui ornent les premiers voussoirs de chacune de ses archivoltes. Les chapiteaux, où le thème des végétaux est dominant, nous font deviner la qualité du portail roman principal.

Cependant, à l'intérieur, il ne reste plus que très peu de l'organisation médiévale. Tout l'espace a été modifié pour recevoir les divers autels latéraux, qui conservent leur position d'origine.

Leur expression nous indique que certains, maniéristes, peuvent être antérieurs à la reconstruction de 1732, tandis que d'autres, comme le retable principal, le plus pittoresque et le plus spectaculaire, incorporent déjà des motifs du baroque dit national ou johannique.

Ici, le trône eucharistique est surplombé d'une voûte semi-circulaire et d'un lambrequin d'où pendent des rideaux que deux anges tiennent en mains. L'utilisation exagérée de putti (petits anges, parfois représentés sans ailes), d'oiseaux, de motifs floraux, de colonnes torsadées et d'autres éléments renforcent sa monumentalité et sa scénographie.

La plinthe composée d'azulejos qui orne les élévations latérales du sanctuaire date sûrement de la même époque. Avec le bleu de cobalt sur fond blanc, comme c'était l'usage courant à l'époque, les grands vases ornés de fleurs sont encadrés par des moulures qui correspondent aux motifs plus couramment utilisés au XVIIIe siècle.

Outre les nombreuses pièces de l'imagerie, reflétant les dévotions de ceux qui les ont commandées, ainsi que les époques et les lieux, il convient de mettre en relief deux peintures, l'une dédié au Calvaire (sur le retable de la Crucifixion) et l'autre qui représente, face à face, les évêques Saint-Blaise et Saint-Fructueux (sur le retable de Saint-Antoine).

Récupération et Amélioration
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1967 - Restauration de l'Église.

Années 1980 - Restauration du retable principal.

1998 - Aménagement de la zone environnante (construction d'une nouvelle rue derrière l'Église ; revêtement du sol devant la façade principale ; démolition de petits bâtiments inesthétiques ; restauration des croix endommagées du chemin de croix et de leur zone environnante), sous la responsabilité de la mairie de Celorico de Basto.

2000 - Aménagement du parvis de l'Église.

Galerie
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En Savoir Plus
Bibliographie

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